Il aura suffi de dix minutes, d’un escabeau posé au milieu d’Abbey Road, d’un policier retenant la circulation et de six déclenchements pour qu’Iain Macmillan entre dans l’histoire. Le 8 août 1969, ce photographe écossais discret ne fabrique pas seulement une pochette de disque : il saisit les Beatles au moment précis où ils sont encore un groupe et déjà une légende en train de se refermer. Quatre hommes traversent une rue londonienne, sans logo, sans titre, sans mise en scène spectaculaire, et le monde entier y lira bientôt un adieu, une procession, une énigme, parfois même une conspiration absurde. Vingt ans après la mort de Macmillan, disparu le 8 mai 2006, il est temps de redonner un nom à l’œil derrière l’icône. Car Abbey Road n’est pas seulement l’une des images les plus célèbres de la culture populaire : c’est aussi le triomphe d’une idée simple, portée par Paul McCartney, exécutée avec une précision miraculeuse, puis rejouée depuis par des millions d’anonymes. Derrière le passage piéton devenu sanctuaire, il y a un homme qui sut comprendre qu’il ne fallait surtout rien ajouter. Juste laisser les Beatles marcher.
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