Paul McCartney, les fantômes de Dungeon Lane et l’art de ne jamais ressembler à Paul McCartney

Il y a quelque chose de profondément émouvant, et d’assez typiquement maccartneyen, dans cette manière qu’a Paul McCartney de revenir vers Liverpool sans jamais s’y laisser enfermer. À 83 ans, il pourrait se contenter d’entretenir le grand musée Beatles, de polir la mémoire de John, George et Ringo, de faire résonner deux accords familiers sous la lumière dorée de la nostalgie. Mais McCartney n’a jamais été seulement le gardien attendri de sa propre légende. Avec The Boys Of Dungeon Lane, annoncé pour le 29 mai 2026, il semble au contraire reprendre le fil le plus fragile et le plus fécond de son histoire : celui des rues d’avant le mythe, des amitiés avant les statues, des chansons avant qu’elles ne deviennent patrimoine mondial. Produit avec Andrew Watt, le disque promet moins un retour décoratif vers le passé qu’une plongée dans cette matière instable dont McCartney a toujours fait des chansons : les souvenirs, les absents, les accidents d’accords, les voix qui restent, les villes qui ne vous quittent jamais. Days We Left Behind, Home To Us, Liverpool, John, George, Ringo : tout pourrait sentir le mausolée. Mais chez McCartney, la mémoire n’est jamais une excuse pour s’immobiliser. C’est encore une manière d’avancer.

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