On croyait connaître par cœur les fantômes d’Abbey Road, leurs couloirs chargés de prises miraculeuses, leurs silences pleins de voix disparues, leurs murs qui semblent encore retenir une note de basse, un rire de George, une attaque de caisse claire de Ringo ou une phrase de John suspendue dans l’air. Et voilà que Paul McCartney, 83 ans, y revient non pas pour polir sa propre statue, mais pour ouvrir une porte plus ancienne encore : celle de Liverpool avant la légende. Devant une poignée de fans conviés à l’écoute de The Boys of Dungeon Lane, son nouvel album attendu le 29 mai 2026, l’ancien Beatle a surgi comme seuls les très grands savent encore le faire, avec la simplicité d’un homme qui s’assoit près d’une guitare et se met à raconter. Il y fut question de Speke, de la Mersey, des parents, des filles manquées, de John Lennon, de George Harrison, de Ringo Starr, des guerres qui finissent toujours par rattraper les vivants, et de cette étrange obstination qui pousse McCartney à transformer la mémoire en chansons neuves. Un disque tardif, sans doute. Mais surtout un disque d’enfance, de fidélité et de fantômes remis en mouvement.
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