Il y a des figures que l’histoire du rock a longtemps condamnées à n’exister qu’en bordure du cadre, comme si leur présence ne pouvait se lire qu’à travers le destin d’un homme plus célèbre. Linda McCartney fut de celles-là. Vingt-huit ans après sa disparition, le 17 avril 1998, il est temps de la regarder autrement : non plus comme la femme de Paul, non plus comme l’éternelle cible des sarcasmes adressés à Wings, mais comme une photographe pionnière, une musicienne imparfaite et obstinée, une militante végétarienne en avance sur son époque, une mère, une entrepreneuse, une femme qui a tenu ensemble ce que le rock préférait souvent voir brûler. Avant les Beatles, elle avait déjà saisi les Rolling Stones, Hendrix, Janis Joplin ou Aretha Franklin dans cet instant fragile où les idoles n’étaient pas encore devenues des statues. Après les Beatles, elle offrit à Paul McCartney un refuge, une famille, une manière de survivre à sa propre légende. Linda n’a pas seulement accompagné une histoire : elle en a déplacé le centre de gravité.
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