Ringo Starr, ou la grâce discrète d’un batteur trop longtemps sous-estimé

Il y a des phrases qui, prononcées par n’importe quelle vieille gloire du rock, sonneraient comme un banal exercice d’autocélébration. Et puis il y a celles de Ringo Starr. Quand le plus célèbre batteur de l’histoire de la pop affirme qu’il est « un bon batteur » et que sa manière de jouer relève d’un « don de Dieu », il ne cherche ni à gonfler sa légende ni à corriger son image. Il remet simplement les choses à leur place. Car derrière le sourire, l’humour sec et la décontraction proverbiale du Beatle le plus sous-estimé se cache un musicien immense, dont l’art du groove, du placement et de la narration rythmique a changé la musique populaire. À 85 ans, au moment de publier Long Long Road, nouveau disque nourri d’Americana et de complicité avec T Bone Burnett, Ringo parle encore de musique comme d’une chose vivante, mystérieuse, presque spirituelle. Et cette petite phrase, en apparence anodine, devient alors une formidable porte d’entrée pour relire toute son œuvre : sa science de la simplicité, son rôle décisif dans l’équilibre des Beatles, sa capacité unique à faire respirer une chanson sans jamais l’écraser. Autrement dit, tout ce qu’on a trop souvent oublié de voir chez lui.

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