George Harrison, le troisième homme que l’histoire des Beatles a trop longtemps minoré

On a trop souvent raconté l’histoire des Beatles comme une monarchie à deux têtes. D’un côté, le tandem Lennon/McCartney, machine créative écrasante, fournisseur officiel de chefs-d’œuvre et de faces A ; de l’autre, George Harrison et Ringo Starr, relégués dans le rôle commode des accompagnateurs de luxe. Cette lecture a l’avantage de la simplicité, mais elle déforme profondément la vérité du groupe. Car si George a longtemps grandi dans l’ombre de ses deux aînés, il a fini par imposer, à force de patience et de chansons immenses, une grandeur qu’il n’est plus possible de traiter comme secondaire. C’est tout l’intérêt de cet aveu formulé par Paul McCartney en 2020 : reconnaître que George Harrison a bel et bien été sous-estimé chez les Beatles, avant de fleurir tardivement avec une force renversante. De l’amitié adolescente dans les bus de Liverpool aux sommets de “Something” et “Here Comes the Sun”, c’est tout un déséquilibre fondateur qui se trouve ici relu. Et au passage, une autre idée reçue tombe : non, la reconnaissance tardive de George ne signifie pas que les Beatles auraient pu survivre sans John Lennon. Car ce groupe n’était pas une addition de talents, mais une famille électrique, fragile et irremplaçable.

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