Il y a des récompenses qui finissent au fond d’un tiroir et des phrases qui vous tiennent lieu de médaille. Paul McCartney l’a compris le soir où Keith Moon, le volcan des Who, l’a stoppé net dans un couloir : qui tient la batterie sur Band on the Run ? « Moi », répond Paul. Verdict immédiat : “fucking great”. Deux mots qui valent un diplôme de batteur, et qui éclairent une facette trop souvent sous-estimée du plus mélodiste des ex-Beatles. Des jours sans Ringo aux sessions marathon de The Ballad of John and Yoko, jusqu’au chaos de Lagos en 1973 où Wings embarque à trois et se retrouve sans batteur, McCartney n’a cessé de prendre les baguettes quand la musique l’exigeait. Résultat : une batterie de compositeur, pas de démonstrateur, qui raconte le morceau autant qu’elle le propulse — du drive de Jet au battement poisseux de Let Me Roll It. Ici, on rembobine l’histoire, on écoute le groove, on détaille les coups de caisse claire et ce que cette validation de Moon raconte vraiment : un rocker déguisé en gentleman, capable d’être à la fois architecte et moteur, et de faire avancer un classique à la force des poignets.
Cet article « Fucking great » : quand Keith Moon adoube McCartney batteur sur Band on the Run est apparu en premier sur .
