Jeff Lynne, l’horloger de la pop qui a prolongé la leçon des Beatles

On a longtemps vu Jeff Lynne comme un homme derrière la vitre, celui qui règle les niveaux pendant que les autres prennent la pose. Erreur : Lynne est un auteur de première grandeur, un bâtisseur qui a fait du studio un instrument et de la précision une forme de chaleur. De l’épopée Electric Light Orchestra — cordes au premier plan, chœurs empilés, refrains solaires — à ses coups de tournevis pour George Harrison sur Cloud Nine, pour Tom Petty sur Full Moon Fever ou pour Roy Orbison sur Mystery Girl, il a imposé une griffe instantanément reconnaissable : brillance, netteté, et cette façon de faire sonner une chanson comme un classique dès la première écoute. Mais c’est dans l’univers Beatles que son nom prend une saveur particulière : au milieu des années 1990, il se retrouve aux manettes de l’impossible, en aidant Paul, George et Ringo à donner chair à Free as a Bird et Real Love à partir des démos de Lennon. Entre admiration, méthode et contrôle, portrait d’un homme-orchestre qui préfère l’ombre… parce que c’est là que la musique parle le mieux.

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