On croit connaître les Beatles par cœur : un toit, du vent, des policiers, un dernier sourire de Lennon. Mais derrière ces images qui ont avalé l’histoire, il y a un réalisateur longtemps resté dans l’angle mort : Michael Lindsay-Hogg. Né à New York dans l’orbite de l’actrice Geraldine Fitzgerald, auréolé d’une rumeur tenace le liant à Orson Welles, il arrive à Londres au bon moment et apprend, à la télévision, à diriger l’instant. Avec « Paperback Writer », « Rain », « Hey Jude » ou « Revolution », il façonne la grammaire du promo film — l’ancêtre du clip — puis amplifie la dangerosité des Rolling Stones et orchestre le grand barnum du Rock and Roll Circus. Surtout, en janvier 1969, ses caméras accompagnent les sessions Get Back jusqu’au concert sur le toit de Savile Row, avant de cristalliser la rupture dans Let It Be. Trahi ou témoin ? Film triste ou document nécessaire ? À l’heure où Get Back a changé notre regard et où Let It Be est revenu restauré, retour sur l’homme qui a donné un visage au rock… et qui, sans le vouloir, a fixé la fin d’un mythe.
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