Dans les histoires Beatles, on célèbre les architectes : Epstein, Martin… Mais avant les costumes et les contrats, il y eut les caves, le Pepsi tiède et les deals à la poignée de main. Allan Williams, patron du Jacaranda à Slater Street, a été ce déclencheur : celui qui prête un mur, décroche un cachet, loue une camionnette et ouvre la porte de Hambourg. Août 1960 : direction St. Pauli, nuits sans fin, sets de cinq heures, une école de la sueur qui forge l’endurance du groupe. Puis viennent les commissions contestées, l’orgueil, la rupture et cette phrase acide – “même avec une foutue gaffe de péniche” – qui résume l’amertume des pionniers qu’on oublie. Pourtant Williams ne se réduit pas à l’épisode Beatles : Top Ten Club, Blue Angel, conventions… jusqu’au merci tardif de Liverpool, Citizen of Honour en 2016, avant sa disparition quelques mois plus tard. Voici le portrait d’un homme de l’ombre dont le rôle, brut et imparfait, a mis les Beatles en mouvement — et a donné à Liverpool un premier sas vers la légende.
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