Le 8 octobre 1969, dans les bureaux d’Apple à Londres, George Harrison lâche une phrase qui fait vaciller tout le décor : il “interprète le rôle de Beatle George”. Abbey Road vient de paraître, le groupe existe encore sur le papier, mais dans sa voix on entend déjà l’après. L’entretien avec David Wigg se promène entre deux mondes : d’un côté les banques, les avocats, les impôts, ce “funny paper” qui transforme la fortune en labyrinthe ; de l’autre une guitare retrouvée après des semaines de réunions, et Here Comes the Sun qui naît d’une fugue comme à l’école, simplement parce qu’il faisait beau. Harrison parle de relativité (des hauts plus hauts, des bas plus bas), chante Hare Krishna comme on ouvre une issue secrète, assume une discipline sans alcool ni drogues, et refuse la pose du génie en expliquant que ses chansons “doivent sortir”. Au passage, il révèle ses goûts d’Abbey Road (Because en tête) et sa manière de rester Beatle sans se laisser avaler par le mythe. Une conversation à la fois drôle, lasse et lumineuse, captée à l’instant précis où “George tout court” commence à prendre le dessus.
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