Quand les Beatles se taisent, Bolan allume les spots

En 1970, quand les Beatles s’éteignent sans rappel, l’Angleterre se retrouve orpheline d’un récit. Le rock peut choisir la gravité — prog, hard, sérieux en costume sombre — ou inventer une échappée. Dans la brèche, Marc Bolan surgit avec T. Rex : riffs courts, groove félin, mots-incantations et paillettes comme armure. Très vite, la ferveur reprend : la Beatlemania a un écho, la Bolanmania (ou T. Rextasy) réapprend aux foules le langage des cris. Mais la passation n’a rien d’un sacre officiel : c’est une succession mythologique, émotionnelle, presque religieuse. Entre ironie et fascination, les ex-Beatles regardent le glam : Lennon lance des formules qui claquent, Ringo ouvre grand la porte, filme Bolan et signe Born to Boogie comme une preuve d’amour pop. Et au milieu, une Rolls-Royce devient métaphore : celle, psychédélique, de Lennon — trône royal repeint en trip acide — répond au slogan insolent de Bolan. Des studios d’Ascot Sound à Wembley, ce voyage raconte comment la pop se réinvente quand le roi tombe : pas de remplaçant, mais un autre feu, plus bref, plus scintillant, qui éclaire encore nos fantasmes.

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