Arrow Through Me : McCartney, la rupture en costume de funk

Il y a des chansons de Paul McCartney qui s’imposent comme des monuments, et d’autres qui vous attendent dans l’angle mort. « Arrow Through Me » fait partie de celles-là : un slow-funk feutré, glissé en 1979 sur Back to the Egg, qui avance comme un sourire retenu alors que, dessous, tout se fissure. Pas de guitare héroïque, pas de basse classique : un Fender Rhodes qui tient le grave, une batterie souple au battement presque double, des cuivres en fumée chaude. Et au centre, la voix de McCartney, élégante mais sur la défensive, comme si la douleur devait rester bien coiffée pour être supportable. On croit entrer dans une chanson de séduction ; on se retrouve dans l’après, quand la pièce se vide et que l’on rejoue la scène en boucle. Ce morceau discret dit beaucoup de Wings : un laboratoire plus audacieux qu’on ne l’a raconté, capable d’absorber l’époque sans se déguiser. Pourquoi « Arrow Through Me » n’a jamais été un tube évident, et comment il est devenu un classique secret – jusqu’à inspirer la néo-soul ? Plongez dans ses coulisses, ses trompe-l’œil et cette mélancolie qui danse sans jamais se trahir.

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