Il y a des chansons qui naissent au grand jour, entourées de musiciens, de micros et d’horaires de studio. Et puis il y a celles qui surgissent dans le noir, quand la maison dort et que Paul McCartney, incapable de trouver le sommeil, descend à pas feutrés vers un piano. Été 1969 : les Beatles se fissurent, Abbey Road se construit comme un dernier miracle, et Paul, lui, allume les lampes et fabrique un single dans sa tête. En quelques minutes, “Come and Get It” prend forme : un refrain qui colle, une mécanique pop sans graisse, une ironie parfaitement calibrée pour la satire de The Magic Christian. Sauf que ce tube-là ne portera pas son nom. McCartney l’offre à un jeune groupe d’Apple, The Iveys bientôt rebaptisés Badfinger, et exige une chose : suivre la démo à la lettre. Cadeau royal, pari risqué, acte de transmission… et début d’une histoire où la lumière des Beatles peut autant sauver que brûler. Voici comment une nuit blanche a accouché d’un hit bifurqué, et pourquoi il tient encore debout aujourd’hui.
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