Paul McCartney et Ozzy Osbourne : sur le papier, l’idée ressemble à un délire de fin de soirée, et pourtant elle a failli devenir un simple détail de studio. Un jour, le Prince of Darkness croise le Beatle au même endroit, au même moment, et lui demande – presque comme on rend un devoir à son héros d’enfance – de poser une ligne de basse sur l’un de ses morceaux. La réponse de Paul, d’une politesse désarmante, a la cruauté des compliments définitifs : il ne voyait pas comment « améliorer » ce qui était déjà là. Pas de clash, pas de porte claquée, juste l’intégrité d’un musicien pour qui la chanson passe avant la légende. De Birmingham à Abbey Road, l’histoire raconte surtout une filiation inattendue : Ozzy n’a jamais caché que les Beatles avaient été sa porte de sortie, le moment où le monde est passé du noir et blanc à la couleur. Et dans ce rendez-vous manqué, il y a tout ce que le rock a de plus touchant : la transmission, le mythe, et ce morceau fantôme qui n’existera jamais — mais qui continue de résonner.
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