Bois bon marché, riffs éternels : les premières guitares des Beatles

Avant les costumes ajustés et les refrains gravés dans le marbre, il y a eu des doigts entaillés, des micros capricieux et des guitares achetées à crédit. À Liverpool puis à Hambourg, les Beatles apprennent leur métier à la dure, en jouant trop fort pour des salles trop petites, avec des instruments qui tiennent l’accordage par miracle. Et c’est là, dans ce bricolage permanent, que se dessine déjà leur identité : Lennon martèle sa Gallotone comme on cogne à une porte, McCartney cherche la clarté sur une archtop Zenith qu’il doit adapter à sa main gauche, Harrison s’acharne sur des modèles électriques rétifs avant de trouver enfin une “vraie” guitare. Puis viennent les bascules décisives : la Rickenbacker 325 qui aiguise le tranchant de John, la Gretsch Duo Jet qui libère le jeu de George, la Höfner 500/1 qui donne à Paul une basse aussi pratique qu’iconique, sans oublier l’ombre des Vox et le métronome infaillible de Ringo. En suivant ces instruments modestes – outils de survie devenus reliques – on remonte le fil du réel, jusqu’au moment précis où la légende n’existait pas encore.

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