George Harrison, ou l’art de couper le son quand la pop hurle

On a longtemps enfermé George Harrison dans une image de sage en retrait, slide plaintive et regard ailleurs. Mais son éloignement du “bruit” pop n’a rien d’une pose : c’est une stratégie de survie. Après avoir élargi le rock aux couleurs indiennes, Harrison comprend très tôt l’envers du décor : l’industrie qui exige des gestes automatiques, les egos, la machine à hits. En 1977, il coupe le courant, choisit Friar Park, le temps long, le jardin, la vie. Puis arrive le poison du procès My Sweet Lord : le soupçon, la méfiance, la musique transformée en dossier juridique. Il déplace alors son énergie vers le cinéma avec HandMade Films, loin des projecteurs, au cœur d’un collectif. Et pourtant, une brèche s’ouvre : le choc de Brothers in Arms, “bien joué, sans bullshit”, puis le plaisir retrouvé de fabriquer avec Jeff Lynne, Cloud Nine et l’esprit de bande des Traveling Wilburys. Plus tard, Dhani réactive chez lui une curiosité fragile. Portrait d’une oreille sélective : pas nostalgique, juste exigeante — et peut-être la plus précieuse aujourd’hui.

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