On a longtemps raconté Dave Grohl comme une success story à l’américaine : le batteur de Nirvana qui se relève, monte Foo Fighters et finit par devenir la rock star “sympa” d’une époque qui n’y croit plus. Mais derrière la bonhomie, il y a une obsession d’artisan : servir la chanson, fabriquer un refrain qui ne ment pas, monter la tension sans trahir l’émotion. Et si l’on cherche le fil le plus lumineux dans ce trajet, on retombe toujours au même endroit : les Beatles. Pas comme un poster au mur, plutôt comme un manuel de survie. Grohl a appris le rock en remontant à sa grammaire : accords, modulations, chœurs, concision, cette science de la mélodie qui brille même sous la saturation. Ringo comme batteur-narrateur, Harrison comme boussole discrète, McCartney comme preuve vivante qu’un héritage peut rester présent — jusqu’à la collision joyeuse de “Cut Me Some Slack”. Sans oublier l’autre arme secrète : l’humour, façon Steve Martin, pour rester intense sans devenir solennel. Et rappeler, à chaque disque, que la pop peut encore cogner.
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