Au-delà d’Elvis, l’atelier : McCartney à l’école de Carl Perkins

Dans l’Angleterre encore grise de l’après-guerre, Elvis Presley surgit pour Paul McCartney comme une décharge : un corps à la télévision, une voix qui fait basculer l’idée même d’avenir. Mais l’histoire la plus intéressante ne s’arrête pas au choc du King. Très vite, le futur Beatle apprend à trier, à écouter derrière la star, à remonter la chaîne jusqu’aux artisans. À Hambourg, au milieu des sets interminables, les chansons d’Elvis côtoient celles qui ont fabriqué le rockabilly — et Carl Perkins s’impose comme une révélation de musicien : l’élégance du peu, l’autorité d’un riff, l’intro “plus classe” de Blue Suede Shoes. De là, tout s’éclaire : les reprises des Beatles (Matchbox, Honey Don’t, Everybody’s Trying to Be My Baby) ne sont pas des parenthèses, mais un aveu de filiation. Et quand McCartney invite Perkins en 1981 autour de Tug of War, l’ombre rejoint la lumière : Get It, puis My Old Friend, cette phrase simple qui fissure Paul et réveille le fantôme de Lennon. Entre couronne et atelier, voici comment McCartney a appris à écrire des tubes… en pensant comme un guitariste.

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