Regarder les Beatles dans le rétroviseur, c’est risquer l’aveuglement des superlatifs : à force de les appeler « les plus grands », on ne sait plus si l’on écoute un groupe ou un monument, poli par les rééditions et les classements. Pourtant, dès qu’on revient aux faits, la question « réalité ou hype ? » se retourne : la hype n’est pas un vernis, c’est le bruit d’une culture qui se réorganise autour d’un choc. Et quand tout s’arrête en 1970, un vide se creuse — ce trou dans le ciel où la pop, comme un réflexe, cherche un héritier et fabrique des raccourcis. Au début des années 70, Marc Bolan et T. Rex surgissent alors au bon endroit, au bon moment : riffs primaires, swing insolent, poésie-fantasy en format trois minutes, paillettes comme riposte culturelle, et cette T. Rextasy qui réveille un écho de Beatlemania. Entre la phrase attribuée à John Lennon (« le seul à pouvoir succéder aux Beatles »), les nuances qu’elle exige, et la passerelle décisive de Ringo Starr (Born to Boogie), l’histoire devient celle d’une succession impossible : non pas prendre une couronne, mais rallumer le feu. Entrez : on va suivre la comète Bolan à la trace.
Cet article Le successeur impossible des Beatles : Marc Bolan, T. Rex et la fièvre glam est apparu en premier sur .
