Paul McCartney : Hendrix, Van Halen et l’art de rester contemporain

On dit souvent que les légendes vieillissent en se répétant. Paul McCartney, lui, vieillit en écoutant. Quand tant de géants finissent par habiter leur propre musée, Macca garde une curiosité d’artisan : il tend l’oreille, teste, s’enthousiasme, vole encore. Et c’est là que son regard sur la guitare raconte plus qu’une anecdote de fan : en saluant Eddie Van Halen, il ne célèbre pas le “sport” des solos, mais cette chose rare qui relie le hard rock à la pop — la technique transformée en plaisir immédiat, en refrain qui accroche, en son brûlant qui fait bouger le corps. À l’inverse, il se méfie des “kilomètres de gammes” quand l’émotion s’évapore. Dans son panthéon, pourtant, un nom reste intouchable : Jimi Hendrix, parce qu’il n’a pas seulement joué plus fort, il a changé la matière même du son. Et parce que McCartney l’a vu, en 1967, ouvrir un concert londonien avec Sgt. Pepper quelques jours après sa sortie, hommage fulgurant qui résume une époque où les artistes se répondaient à la vitesse de l’éclair. Entre Liverpool, les amplis californiens et le laboratoire Beatles, ce texte suit une idée simple : la modernité n’est pas une génération, c’est une attitude. Et McCartney, décidément, n’a jamais cessé d’être contemporain.

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