Il y a des chansons qui portent leur époque comme une veste trop bien taillée — et d’autres qui semblent avoir toujours traîné quelque part dans l’air, prêtes à vous tomber dans les mains. It Don’t Come Easy est de celles-là. Avril 1971 : les Beatles viennent à peine de se dissoudre et le monde s’habitue encore à l’idée qu’il faudra vivre “après”. Lennon durcit le trait, McCartney reconstruit, Harrison vient de lâcher son triple coup de tonnerre… et Ringo, qu’on cantonne trop souvent au rôle du “sympa”, débarque avec un single qui dit exactement l’inverse : il peut être au centre sans forcer, sans posture, juste avec du groove et une vérité simple. “Ça ne vient pas facilement.” Derrière ce refrain-motto, il y a une histoire de patience et de studios (Abbey Road, Trident, retouches, overdubs), une galaxie de proches (Voormann, Badfinger, Keltner…), et surtout la main fraternelle de George Harrison, producteur et compagnon de route. Résultat : un hit solaire, une leçon de persévérance, et la preuve que l’après-Beatles n’est pas qu’un champ de ruines — c’est aussi un territoire où l’amitié continue de faire de la musique.
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