Derrière le vernis soyeux de Say Say Say, il y a un choc de civilisations pop. En 1981, Paul McCartney sort à peine de l’onde de choc Lennon et retrouve George Martin pour remettre de l’ordre dans sa vie musicale. Au même moment, Michael Jackson, déjà triomphant depuis Off the Wall, se prépare à changer d’échelle. Ils se croisent, ils s’apprivoisent, écrivent vite dans les bureaux de MPL, puis la chanson voyage : Londres, Los Angeles, sections rythmiques recommencées jusqu’au “bon feeling”, cuivres, guitare funk, harmonie vocale en miroir. En octobre 1983, le single devient un événement mondial et un numéro 1 américain. Mais l’histoire ne s’arrête pas au clip façon western : dans l’ombre, une discussion sur les catalogues et les droits d’édition ouvre la porte au feuilleton ATV et au malentendu le plus célèbre de l’ère moderne autour du patrimoine Beatles. Comment un tube aussi souriant a-t-il pu devenir le prologue d’une guerre froide du copyright ? On replonge dans la rencontre de deux empires — et dans ce que la pop cache quand elle sourit.
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