Le vacarme avait fini par devenir une matière : des cris qui couvraient les amplis, des hôtels assiégés, une célébrité si dense qu’elle vous transforme en phénomène avant même de vous laisser être un homme. Et puis, fin 1967, le sol se dérobe : Brian Epstein meurt, et les Beatles se retrouvent soudain sans filtre, sans pare-chocs, nus face au business, aux tensions, à l’après. Dans cette brèche s’engouffre une promesse inattendue : la méditation transcendantale et le Maharishi, comme une sortie de secours pour quatre garçons qui rêvent, pour une fois, de ne plus être consommés. Direction l’Inde, Rishikesh, un ashram au-dessus du Gange, des singes dans les arbres, des journées réglées au silence… et, paradoxe absolu, une éruption de chansons. Car on ne se débarrasse pas de soi en s’asseyant sur un coussin : on se retrouve face à soi, sans bruit pour masquer les fissures. Et chez les Beatles, ce face-à-face accouche autant de mantras que de l’ombre portée du White Album, avec ses fulgurances, ses fractures, et cette désillusion qui finira même par se chanter.
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