des Beatles
Il y a le Ringo public, celui des grimaces et des punchlines, et puis il y a l’autre, plus rare : l’homme qui reste quand le décor s’effondre. Au début des années 1990, Maureen Starkey – la “Mo” de Liverpool, première épouse de Ringo, mère de ses trois enfants – est rattrapée par une leucémie qui ne négocie pas. Le couple a divorcé depuis 1975, les années 70 ont laissé leurs dégâts (alcool, infidélités, fractures au sein du clan), et chacun a refait sa vie. Pourtant, quand la maladie impose le rythme des hôpitaux et des espoirs suspendus, Ringo revient. Pas en héros. En présence. À Seattle, auprès de Maureen soignée au Fred Hutchinson Cancer Research Center, la saga Beatles quitte le poster pour entrer dans la chair : un ex-mari au chevet, des enfants rassemblés, Zak Starkey qui tente de sauver sa mère en donnant sa moelle, et, après la disparition de Maureen le 30 décembre 1994, McCartney qui écrit “Little Willow” pour ceux qui restent. Une histoire d’ombre et de dignité, où la compassion devient la plus belle contre-mythologie du rock.
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