En 1968, les Beatles publient The Beatles, vite surnommé White Album : un double disque de 30 titres aussi fascinant qu’inégal. Après Sgt. Pepper, le groupe casse le concept-album et part dans toutes les directions, nourri par les chansons écrites en Inde puis triées lors des Esher Demos. Les sessions à Abbey Road virent au chaos : tensions, départ temporaire de Ringo, Yoko omniprésente, George Martin débordé. De ce climat électrique naît un kaléidoscope de styles, du folk intime au hard rock de Helter Skelter, des pastiches de McCartney aux audaces de Lennon (Revolution 9) et à l’éclosion de Harrison. Accueilli avec perplexité mais triomphalement vendu, l’album devient culte, miroir de la désagrégation du groupe autant que de sa liberté créative.
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